Le nom du Mouvement
Pourquoi « Famille France » ?
Famille France est la part politique du Mouvement de Transition Civilisationnel, celle qui se présente devant les Français. Le nom n'est pas anodin : il dit une manière de faire nation, où l'on compose avec tout le monde au lieu de trier et où l'on parle plutôt que de chercher à l'emporter.

La France est une famille.
Pas au sens du sang et pas au sens d'une maison qui se ferme. Au sens large : un tissu de liens qu'on n'a pas tous choisis et avec lequel il faut pourtant composer.
Il y a des milliers de bâtiments comme celui-ci en France. La mairie d'un côté, l'école de l'autre, les trois mots peints au-dessus des fenêtres et la cour devant. Aucun n'est célèbre. C'est pourtant là, plus que dans n'importe quel monument, que se tient ce dont je parle : un endroit où l'on inscrit ses enfants, où l'on se marie, où l'on vote et qui appartient à tout le monde sans appartenir à personne.
Six raisons
Pourquoi ce mot et pas un autre
Une famille se compose, elle ne se trie pas
On ne choisit pas ses frères et sœurs. On fait avec, on compose, on trouve des arrangements. La politique actuelle trie : les bons et les mauvais citoyens, ceux qui méritent et ceux qui abusent. Une famille compose.
Des degrés de proximité
Dans une famille, on ne traite pas tout au même niveau : ce qui se règle entre deux personnes ne remonte pas au conseil de famille. C'est le principe de subsidiarité, décider au plus près de ceux que la décision concerne.
Une temporalité longue
Une famille pense en générations : ce qu'on hérite, ce qu'on transmet. C'est la seule échelle de temps qui permette de traiter sérieusement le climat, la dette ou les institutions.
On se dispute, mais on revient à table
Le désaccord n'exclut pas. On ne quitte pas sa famille parce qu'elle pense différemment. C'est ce qui distingue un débat démocratique d'une guerre de camps.
Refaire famille
La France est aujourd'hui une famille fâchée. Le projet n'est pas qu'une moitié du pays l'emporte sur l'autre : c'est de refaire les liens qui se sont rompus.
Une histoire partagée
Une famille tient par ses récits communs, par ce qu'elle se raconte d'elle-même. Une nation aussi. Cet héritage appartient à tous ceux qui vivent ici, quelles que soient leurs origines.
Le contexte
Un monde qui bascule
Ce Mouvement ne naît pas de nulle part. Voici ce que disent les données sur l'époque, en peu de chiffres et avec leurs sources.
Les institutions démocratiques reculent, en France comme ailleurs. L'institut V-Dem de l'université de Göteborg, qui mesure l'état des régimes politiques pays par pays, l'écrit dans son rapport 2026 : 74 % de la population mondiale vit désormais sous un régime autoritaire. En 2005, c'était 50 %.
Ces reculs ne tombent pas du ciel. Plusieurs crises se nourrissent l'une l'autre et c'est leur enchevêtrement qui fait la difficulté de l'époque. Edgar Morin et Anne-Brigitte Kern avaient posé un mot sur cette situation dès 1993, dans Terre-Patrie: la polycrise. Des crises entrelacées ne se traitent pas une par une, chacune rouvre les autres. Voici la cartographie de travail que j'utilise. Elle n'est pas fermée et elle s'améliore avec les retours qu'on m'envoie.
La gouvernance
Des institutions pensées pour un monde plus lent, qui peinent à piloter la complexité d'aujourd'hui.
L'économie et le social
La promesse de prospérité qui se retire et des inégalités qui s'installent dans la structure même.
La souveraineté
Des dépendances qui s'accumulent, sur l'énergie, l'industrie et le numérique, jusqu'à perdre la main.
Le Vivant
La rupture entre l'humanité et ses propres conditions d'existence.
L'information
Un monde saturé de messages où il devient difficile de s'entendre sur ce qui est vrai.
La technologie
Des techniques qui évoluent plus vite que l'humain et que ses institutions.
Le lien et le sens
La solitude, le temps qui manque, la relation qui se défait dans des sociétés fragmentées.
Quatre chemins sont ouverts devant nous.
Quand autant de crises se tiennent, plusieurs suites sont possibles. J'en distingue quatre et toutes ont déjà commencé quelque part.
La guerre et le chaos
Les tensions qui montent jusqu'aux armes, la violence comme symptôme d'un modèle à bout de souffle.
Le repli autoritaire
Le contrôle et la surveillance comme réponses à l'impuissance. Les chiffres de V-Dem décrivent déjà ce chemin.
L'effondrement
Une société qui consomme ses ressources, humaines et naturelles, plus vite qu'elle ne les répare.
L'évolution consciente
Se réinventer en le décidant ensemble, avec méthode. C'est le chemin que ce Mouvement prépare.
Les trois premiers chemins n'ont besoin de personne, ils avancent tout seuls. Le quatrième demande du travail et de la méthode. C'est à lui que tout ce site est consacré.
Sources · V-Dem Institute (université de Göteborg), Democracy Report 2026 · Edgar Morin et Anne-Brigitte Kern, Terre-Patrie, Seuil, 1993.
La position
La politique doit se mêler à l'entrepreneuriat
Il y a tellement de choses à régler, des problèmes multifactoriels, multisectoriels et multidimensionnels, qu'aucune loi seule n'y suffira. Ma position tient en une phrase : marier l'organisation citoyenne la plus minutieuse avec des outils de mise en action directe.
On me demande souvent de choisir entre le social et l'entrepreneuriat, je ne sépare pas les deux. Je ne sépare pas davantage la politique de l'entreprise. Quatorze ans à construire ce corpus m'ont appris que décider ensemble ne sert à rien si l'on ne sait pas faire. Faire sans décider ensemble finit mal aussi.
Trois corps doivent donc travailler ensemble et se répondre en boucle. Le schéma dit l'essentiel : la décision devient règle, la règle devient action et les retours d'expérience de l'action remontent à la décision.
Molette ou boutons pour agrandir
Une démocratie industrielle
Le mot peut surprendre, je le choisis exprès. Une usine sait produire mille pièces sans en perdre une : des procédures écrites, des rôles définis, des contrôles, de la maintenance. J'attends la même rigueur de notre vie démocratique. Que n'importe quel groupe de citoyens puisse ouvrir un sujet, le faire instruire et suivre ce qu'il devient, tous les jours de l'année et pas seulement les soirs d'élection. C'est ce que décrit la Démocratie Organique.
Le terme a une histoire : Sidney et Beatrice Webb l'employaient dès 1897 pour la démocratie dans le monde du travail. Je le reprends pour la décision publique, organisée avec le sérieux d'une chaîne de production.
La procédure, en détailUn appareil législatif ultrasouple
Décider ne suffit pas : si la règle met trois ans à suivre, l'élan meurt dans les couloirs. Il faut une administration refondée et automatisée, où l'usager donne une information une seule fois et où les services se la transmettent. La France a posé ce principe dans son droit dès 2001, il s'appelle « Dites-le-nous une fois ». L'Estonie en a fait la colonne vertébrale de son État : son infrastructure X-Road relie plus de 3 000 services publics en ligne et traite 2,2 milliards d'échanges par an. Tout cela existe déjà quelque part. Il reste à le vouloir chez nous.
L'automatisation dont je parle transmet et vérifie. Elle ne décide de rien : la décision reste aux personnes.
Un exécutif entrepreneurial
Gouverner comme on entreprend : essayer à petite échelle, mesurer, corriger, étendre ce qui marche et savoir arrêter ce qui ne marche pas. J'ai passé ma vie dans l'entrepreneuriat et j'en connais aussi les revers. Ce que je propose s'appelle l'entrepreneuriat sociétal : la même énergie de création, mise au service du tissu commun. L'État en est capable, il l'a déjà prouvé : l'économiste Mariana Mazzucato a montré qu'Internet, le GPS, l'écran tactile et l'assistant vocal sont nés de financements publics avant d'être repris par le privé.
Il reste à en faire une manière de gouverner assumée, avec des comptes rendus publics sur ce qui a été tenté et ce que ça a donné.
La vision économiqueSources · Sidney et Beatrice Webb, Industrial Democracy, Longmans, 1897 · décret n° 2001-452 du 25 mai 2001 puis loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour « Dites-le-nous une fois » · e-estonia.com pour les chiffres X-Road, consultés en août 2026 · Mariana Mazzucato, The Entrepreneurial State, Anthem Press, 2013.
Où ça se situe
Sur la carte des philosophies politiques
Une question revient chaque fois : c'est de gauche ou de droite ? La réponse honnête demande de séparer deux choses qu'on additionne d'habitude, l'économie et les libertés civiles.
Molette ou boutons pour agrandir
Là où la carte place Famille France, il n'y avait presque personne en 2011 : haut sur les libertés, un peu à gauche du centre. Son auteur appelait cette région le désert idéologique. C'est un endroit inconfortable à défendre, parce qu'il oblige à s'expliquer devant les deux camps à la fois. J'y suis quand même, et voici pourquoi.
Sur les libertés civiles, la position est haute. L'expression y est illimitée et gratuite, l'anonymat du vote garanti, le droit de participer sans passer par le moindre outil numérique inscrit noir sur blanc, la liberté de culte et la liberté d'entreprendre placées au même rang, et la vie privée déclarée impénétrable en deçà du plus petit échelon territorial. Chacun de ces points est un article de la Constitution que j'ai écrite, vérifiable un par un.
Sur l'économie, ça se tient juste à droite du centre. C'est le seul programme que je connaisse à être en même temps libéral sur les charges et social sur les droits. Je ne nationalise pas les entreprises, je nationalise les péages. Ni planification ni laisser-faire : une économie d'initiative, sous regard délibératif.
Molette ou boutons pour agrandir
Reste ce qu'aucun plan de ce genre ne sait montrer, et qui me paraît pourtant décisif. Le combat des prochaines années ne se jouera pas sur l'axe gauche-droite. Il se jouera entre le pouvoir concentré, celui que des auteurs comme Curtis Yarvin ou Peter Thiel appellent de leurs vœux jusqu'à proposer un dirigeant-monarque à la tête de l'État, et le pouvoir distribué. C'est de ce côté-là que tout ce travail se range, et vous le trouverez sur la carte, en haut à droite, dans la couleur des ajouts de 2026.
Aux chercheurs et aux universitaires
Venez examiner ce travail, et prenez-y votre place
Une note de positionnement accompagne tout cela. Elle est écrite pour être discutée : huit pièces, chaque indicateur adossé au texte qui le fonde, une généalogie intellectuelle qui distingue les filiations attestées de celles que je propose, et un appareil de sources qui sert à vérifier.
Deux pièces comptent plus que les autres pour qui veut contredire. La sixième rassemble treize questions que je ne sais pas trancher et la note conseille de commencer par elle. La septième expose quatre objections prévisibles avec l'état réel de mes réponses. Je ne suis ni intellectuel ni chercheur, et ce corpus a besoin de gens dont c'est le métier : sciences politiques, droit constitutionnel, économie, sociologie des organisations.
Si une de ces treize questions est votre terrain, écrivez-moi à contact@lucasduchaine.fr. Il y a de la place pour un travail sérieux, et je préfère une objection bien construite à un accord poli.
La méthode
Commencer petit, dans des territoires qui se parlent
Rien de tout cela ne se décrète d'en haut. L'idéal, tel que je le vois : de petites actions locales, menées en même temps dans plusieurs territoires interconnectés, pour avoir plusieurs retours d'expérience simultanés.
Molette ou boutons pour agrandir
Une commune essaie une manière de faire, une autre en essaie une variante et les deux comparent leurs résultats. Ce que l'une apprend, toutes le savent. À cette échelle, participer ne demande pas de quitter sa vie : c'est depuis l'école, le marché, l'atelier ou la mairie qu'on entre dans l'action collective. Et quand une pratique a tenu ses promesses dans dix endroits différents, elle peut grandir : le pays, l'Europe, puis au-delà.
La Constitution le permet déjà. Depuis la révision de 2003, son article 72 donne aux collectivités un droit à l'expérimentation. La loi organique du 19 avril 2021 l'a simplifié. Ce droit reste pourtant presque inemployé : quatre expérimentations en dix-huit ans, dont trois généralisées. L'outil est là, il attend qu'on s'en serve.
Cette manière de faire a été étudiée de près. Elinor Ostrom a reçu le prix Nobel d'économie en 2009 pour avoir montré, terrains à l'appui, que des ressources communes sont souvent mieux gérées par plusieurs centres de décision qui se coordonnent que par un centre unique. Elle appelait cela la gouvernance polycentrique. Des territoires reliés qui comparent leurs expériences, c'en est la traduction concrète.
La page OTRE porte déjà cet appel : nous cherchons des territoires d'expérimentation. Une commune, une intercommunalité, un village qui veut essayer, c'est par là que tout commence.
L'appel aux territoires, sur la page OTRESources · Constitution, article 72, alinéa 4 (loi constitutionnelle du 28 mars 2003) · loi organique n° 2021-467 du 19 avril 2021 et son bilan sur vie-publique.fr · Elinor Ostrom, « Beyond Markets and States », conférence Nobel, 2009.
Au service du pays
Cette vision n'est à personne. Elle est pour la France.
Un candidat déjà en lice, un parti, un programme qui existe déjà : à qui veut la porter, je propose qu'on en parle et qu'on travaille ensemble.
Tout est publié et en libre accès : le modèle de société, la procédure de décision, la vision économique et les soixante-huit articles de la Constitution. Un candidat peut en reprendre une pièce ou l'ensemble. Ce que je demande, c'est qu'on vienne m'en parler d'abord. Ces textes s'articulent entre eux et je préfère les porter avec vous plutôt que de les voir repris de travers.
L'invitation ne s'arrête pas aux candidats. Élus, chercheurs, entrepreneurs, associations, citoyens : ceux qui se reconnaissent dans cette vision peuvent m'écrire à contact@lucasduchaine.fr. Il y a du travail pour tout le monde et rien de tout cela ne se fera seul.
S'ils sont plusieurs à vouloir la porter jusqu'au bout, le Mouvement ne désignera pas son préféré. Ceux qui se présentent entrent dans un tirage au sort et le sort désigne celui que le Mouvement soutiendra. La règle proposée au pays s'applique d'abord à nous-mêmes.
Le sort n'est pas un coup de dés. On ne tire qu'entre ceux qui se sont présentés, chacun est examiné avant, chacun peut être contesté et celui qui est désigné rend des comptes. Ces garde-fous ne sont pas de moi : Montesquieu les décrivait déjà chez Solon, en 1748, dans le chapitre même où il écrit que « le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par choix est de celle de l'aristocratie ».
Et cette vision a un candidat. Son nom n'est écrit nulle part et il ne le sera pas avant le tirage. Ce que vous pouvez savoir dès aujourd'hui, c'est qu'elle ne restera pas sans personne pour la porter devant les Français.
Pourquoi taire ce nom ? Parce qu'une candidature qui commence à compter attire les regards sur l'homme et les détourne du projet. Coluche l'a vécu : crédité de 16 % des intentions de vote en décembre 1980, il a reçu des menaces de mort et a renoncé en mars 1981. Il n'avait pas réuni ses parrainages, il n'en avait obtenu qu'un seul. Tant que personne ne sait qui portera cette vision, il n'y a personne sur qui peser.
Le tirage se fera donc au dernier moment et cela demande quelque chose de précis aux élus qui donneront leur parrainage : s'engager avant de savoir qui ils parrainent. C'est beaucoup et c'est bien le geste demandé, soutenir une direction plutôt qu'un visage.
Une vision qui accepte de changer de porteur ne dépend plus d'un homme. C'est cela que je voudrais montrer, avant même qu'on demande à qui que ce soit de choisir un visage.
Ce qui protège vraiment
Se sentir en sécurité, c'est aussi pouvoir se parler.
On parle beaucoup de sécurité et on a raison : personne ne construit quoi que ce soit la peur au ventre. Mais la sécurité n'est pas seulement une affaire de portes qui ferment. C'est aussi savoir qu'en cas de désaccord, on pourra encore se parler, que la conversation ne sera pas coupée. Tant que ce fil-là tient, la peur baisse. Quand il casse, tout le reste devient menaçant.
C'est pour ça que je ne cherche pas à ranger les Français dans deux camps. Opposer rapporte sans doute des voix ; je ne crois pas que le pays y gagne. Presque tout ce que je propose sert à une seule chose : remettre les gens en état de se parler, y compris et surtout, quand ils ne sont pas d'accord.
Il faut de l'autorité et je le pense vraiment : une famille sans cadre ne protège personne et un pays non plus. Mais l'autorité sans douceur ne tient pas. L'époque est dure pour presque tout le monde : les fins de mois, le travail, l'avenir des enfants, la solitude. Les gens n'ont pas besoin qu'on leur explique qu'ils ont tort. Ils ont besoin qu'on les comprenne d'abord.
Pour lever les malentendus
Ce que « famille » ne veut pas dire ici
- Une famille, ici, n'est pas une affaire de sang, d'origine ou de religion. On appartient à celle-là parce qu'on vit ici et qu'on y tient.
- Personne n'y est le père. Aucune figure au-dessus des autres qui saurait mieux. C'est tout l'objet de la Constitution que j'ai écrite : la fonction de chef de l'État n'y est plus un préalable.
- Ce n'est pas un modèle de vie privée qu'on imposerait à qui que ce soit. Chacun mène sa vie comme il l'entend et ça ne regarde personne.
- Et ce n'est pas une famille qui se referme : une maison où l'on n'entre plus devient une maison vide.
Une famille, ça se choisit dans la manière dont on prend soin.
Prendre soin du tissu, refaire des liens et offrir à chacun la place qui lui revient, quelles que soient ses origines.